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Aboubacar Mandela se confesse: « J’ai l’impression que c’est une révélation divine. L’éducation est ma raison d’être, c’est ma mission de vie… »(Interview)

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Dans une interview à bâton rompu, Aboubacar Mandela CAMARA fait d’importantes révélations sur les raisons de son engagement inégalable en faveur de l’éducation. A rappeler qu’il est aujourd’hui, malgré sa jeunesse, une des plus grandes références dans ce domaine en Guinée. Son influence dépasse même les frontières guinéennes. Lisez !

Investigatorguinee: Bonjour ! SVP, présentez-vous à nos lecteurs !

Aboubacar Mandela CAMARA : Bonjour ! Je suis Aboubacar CAMARA, communément appelé MANDELA. Je suis sociologue de formation, enseignant-chercheur, consultant en éducation, activiste, promoteur et défenseur du droit à l’éducation, également auteur. Je suis né à Mamou, précisément à N’Dindo dans la sous-préfecture de Dounet. Je suis descendant d’un grand guerrier, combattant pour la cause de l’islam au Fouta Djallon, originaire de Bouré Tintinian à Siguiri. Mais, j’ai passé une grande partie de mon enfance et de mon adolescence à Soloya Bamba dans ma famille maternelle ; toujours à Dounet. Côté maternel, j’ai des origines soussous ; ma grand-mère est originaire de Forécariah en Basse Guinée, elle serait descendante d’un grand roi de cette contré.

Parlez-nous de votre parcours scolaire et professionnel?

J’ai fait mes études primaires à l’EP de N’Dindo de 1992 à 1998. Après l’examen d’entrée en 7e A, je suis allé à Mamou ville au lycée-collège Poudrière, devenu aujourd’hui lycée-collège Elhadj Aboubacar DOUKOURE, pour l’année scolaire 1998-1999. J’ai fait le reste du collège à Dounet Centre entre 1999 et 2002. A la suite de ma remarquable admission au BEPC, j’ai été transféré au Lycée Aviation à Conakry où j’ai terminé mon cycle secondaire de façon très remarquable également.
Orienté à l’université Général Lansana CONTE de Sonfonia, j’y ai passé quatre ans d’études supérieures de 2006 à 2010. J’ai soutenu ma thèse de mémoire en juin 2011 et, j’ai été déclaré « admis avec la mention EXCELLENT ». De cette date à nos jours, j’ai enseigné des cours de sociologie dans plusieurs universités privées, notamment Mercure International pendant quatre ans. J’ai également dispensé les cours de Français (niveau lycée) dans beaucoup d’écoles privées dont José MARTI à Yattaya, Sophiapole III,…A noter que j’ai commencé à enseigner pendant que je faisais la licence. Au total, j’ai onze ans d’expérience dans l’enseignement et j’ai été Assistant Administratif et Pédagogique au département de sociologie de l’université Général Lansana CONTE de Lambanyi pendant deux ans.
Parallèlement, j’ai participé à de nombreuses études sociologiques en qualité d’enquêteur ou de consultant, notamment pour le compte de Rio Tinto, Bell Zone et le collectif ‘’La Voix Du Peuple’’ (VDP). Je suis aussi certifié par ‘’France Université Numérique’’ (FUN) en ‘’Education par la recherche : neurosciences III’’ ; un cours proposé l’université ‘’La Sorbonne’’. Sans oublié que j’ai suivi également plus de cinquante modules de formation sur le plan national et international en leadership, communication, planification,…Je suis certifié Formateur par la jeune Chambre internationale (JCI) et IFC/Banque Mondiale.

M. Mandela, comment avez-vous eu la volonté de vous engager en faveur de l’éducation?

Tout a commencé en 2006, après le bac 2 ; mon professeur de Français, feu Lamba MANSARE m’a sollicité pour faire partie d’un groupe de jeunes qui avait mis un journal scolaire et universitaire en place dénommé ‘’La lumière’’. Je faisais donc partie de l’équipe de rédaction. Quand il est allé à la RTG comme reporter, j’ai été désigné Rédacteur en Chef du journal en question. En 2008, nous avons changé le nom de l’organe par ‘’Le Triomphe’’ qui a fonctionné jusqu’en 2009. Je me rappelle avoir couvert le concert ‘’Un concert, une école’’ de Tiken Dja FAKOLY au stade du 28 septembre le 25 Avril 2009.
Depuis lors, j’ai toujours aimé débattre des questions d’éducation. J’ai l’impression que c’est une révélation divine. Je suis convaincu que l’éducation est ma raison d’être, c’est ma mission de vie. J’en parlerai toute ma vie et je me battrai corps et âme pour une éducation de qualité pour tous en Guinée, en Afrique et dans le reste du monde. C’est ce qui m’a poussé à choisir mon thème de mémoire dans le domaine de l’éducation ; il est intitulé ‘’Mobilité professionnelle des déscolarisés de Guinée : cas des commerçants de Conakry’’.

Pouvez-vous nous faire un bilan succinct de votre engagement en faveur de l’éducation ?

En tant qu’activiste, j’ai commencé en 2015 à m’impliquer dans des projets liés à l’éducation. D’abord à la jeune chambre internationale universitaire Conakry Trésor où j’ai initié le projet ‘’une bourse pour un élève’’ ; ensuite, j’ai créé, en collaboration avec certains amis l’ONG Save My School puis, l’observatoire citoyen du système éducatif guinéen (OCSEG) qui est un organe du collectif ‘’La Voix Du Peuple’’ (VDP). Nous avons formé plusieurs centaines de jeunes guinéens depuis lors et, nous avons réalisé de nombreux projets allant dans le sens de la qualification de l’éducation en Guinée. Mais, le projet dont je suis de plus fier c’est l’enquête sur le déroulement des examens nationaux, initié par Save My School en 2017, aujourd’hui piloté par l’OCSEG. Il faut aussi noter que j’ai écrit trois livres deux sur l’éducation à savoir : ‘’Le Système Educatif Guinéen de 2009 à nos jours : Diagnostic et Solutions’’ et ‘’L’éducation en Guinée : le regard d’un citoyen engagé’’. Le premier est déjà publié en France par Edilivre, le deuxième le sera au mois de septembre prochain. Je suis aussi contributeur de l’ouvrage collectif ‘’Conakry, Terre africaine du livre’’, édité par l’Harmattan Guinée.

En plus, chaque année, j’anime une dizaine de conférences dans les écoles et universités sur des thématiques relatives à l’éducation. J’accorde aussi de nombreuses interviews aux médias en Guinée et au Mali et, je participe à plus d’une vingtaine d’émissions sur les antennes de radios et les plateaux de télévisions. Sans oublié que je suis déjà auteur de plus de soixante-dix analyses en la matière. Directement ou indirectement, j’ai été impliqué dans la création d’une dizaine d’ONG ayant pour objectif principal : la promotion de l’éducation.
Nous nous sommes également fortement impliqués dans la résolution des grèves successives dans le secteur de l’éducation ces trois dernières années.

Selon vous, votre combat a-t-il porté des fruits?

Pour le moment, je ne peux me réjouir d’un combat quelconque pendant que l’école guinéenne est extrêmement malade, elle est même dans le coma.
Par ailleurs, ce qui me donne davantage l’espoir c’est la mobilisation qui commence à se former au tour de l’école. De plus en plus de voix, d’ONG et autres acteurs se lèvent pour revendiquer la prise en compte de l’éducation dans notre pays pour en faire « la priorité des priorités ».
Quelques années en arrière, presque personne ne s’inquiétait des problèmes qui gangrènent notre système éducatif. En 2015, mes amis de Save My School et moi, nous avons décidé d’en faire une affaire personnelle, notre préoccupation première. C’est ainsi que nous avons envahi les médias traditionnels (radios, télévisions, sites d’information, journaux) et sociaux dont Facebook. Nous avons donc participé au réveil des consciences sur l’importance de l’éducation dans le processus de développement de tout pays. Aujourd’hui, tout le monde en parle ! Cela nous comble à plus d’un titre.

Aujourd’hui, comme vous venez de le dire, notre système éducatif est malade. Si étiez responsable au département de l’éducation nationale, quelles solutions préconiseriez-vous pour sa qualification?

Entre autres solutions que nous pourrions préconiser, nous avons :
• l’allocation d’au moins 25% de notre budget national de développement (BND) à l’éducation ;
• la nomination de cadres compétents, intègres et visionnaires ;
• la lutte contre la corruption ;
• la restructuration du secteur en un seul ministère et trois secrétariats d’Etat (pré-universitaire, professionnel et technique, supérieur et recherche scientifique) ;
• la révision et l’adaptation des programmes d’enseignement aux réalités socio-historiques et culturelles de nos sociétés ;
• la création d’un fonds de la société civile pour l’éducation ;
• la promotion de l’enseignement préscolaire, des écoles d’excellence et des lycées techniques, etc.

Avez-vous un appel à lancer aux différents acteurs de l’éducation ?

Il faudrait une prise de conscience générale et une implication de tous les acteurs de l’éducation (Etat, parents d’élèves, partenaires techniques et financiers, responsables scolaires à la base, élèves, médias,…).

M. Aboubacar Mandela Camara, merci d’avoir répondu à nos questions!

Je vous remercie !

Interview réalisée par Mamadou Dian Mariam Diallo pour investigatorguinee.com

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