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Fatoumata Ibrahima Camara, fondatrice du site femmetalent: « Il y’a de ces formations dans la vie qui peuvent latéralement changer notre vie hormis les physique, Maths, Chimie et autres »

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Depuis le 8 mars à l’occasion de la fête internationale des femmes, le site femmetalent.com a démarré des séances de formation en développement personnel qui ciblait 3000 jeunes filles dans 50 écoles. Cependant, après la formation de 1550 filles seulement, l’initiatrice dudit projet a finalement décidé de stopper la formation suite à d’énormes difficultés qu’elle nous explique tout au long de cette interview.

Investigator : présentez-vous s’il vous plait ?

Fatoumata Ibrahima : Je suis Fatoumata Ibrahima Camara étudiante en licence 3 journalisme, fondatrice du site femmetalent.com et initiatrice du projet de formation de 3000 jeunes filles en développement personnel.

Depuis le mois de mars vous avez démarré ce projet qui vise à former 3000 filles en développement personnel, alors après deux mois de formation quel bilan pouvons-nous retenir?

Par rapport au bilan, nous avons fait 20 séances de formation et nous avons eu 1550 jeunes filles formées en un intervalle de deux mois.

Alors le slogan c’était ‘’50 écoles ciblées pour former 3000 jeunes filles en développement personnel pour une durée de trois mois’’. Dites-nous pour quelle raison vous n’avez pas atteint l’objectif que vous vous êtes fixé à l’entame de ce projet ?  

Vous savez dans toutes activités, il y’a toujours des problèmes qui surgissent.Nous avions fait des études de terrain avant de commencer, mais très malheureusement il y’a eu un aspect qu’on n’avait pas du tout vu. Nous n’avions jamais pensé que les encadreurs des écoles allaient dire non à cette formation vu son importance. Durant la réalisation du projet, nous avions été confrontés à d’énormes problèmes, qui font d’ailleurs que nous ne pouvons plus continuer la réalisation du projet et nous avons décidé d’arrêter maintenant. 

Quelles sont les véritables problèmes qui vous ont obligé de stopper le projet à mi-chemin ?

On a rencontré pas mal de difficultés et nous continuons d’ailleurs de les rencontrer. La première des difficultés, c’est que les responsables de certaines écoles ne sont pas disponibles pour nous recevoir pour ces séances de formation parce qu’eux-mêmes ne connaissent réellement pas l’importance ou c’est quoi le développement personnel.  Parfois si je parts pour les rencontrer et déposer les courriers pour les informer que nous viendrons pour une formation, je suis obligée de faire tout un cours sur le développement personnel que nous donnons aux jeunes filles,  qui est d’ailleurs orienté vers l’apprentissage. Et delà certains comprennent d’autres par contre ne comprennent pas du tout.

En outre, d’autres s’appuient sur le calendrier scolaire en nous disant qu’ils sont un peu en retard  donc il faut rattraper les cours perdus et bientôt les examens. Et avec les préparatifs des examens, ils avouent qu’ils ne peuvent accepter une autre formation au-delà des cours normaux.

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En plus, pendant ce mois de ramadan les jeunes filles ne sont vraiment pas disponibles. Et même actuellement nous avons sillonné beaucoup d’écoles mais les élèves ne viennent presque pas, à plus forte raison les jeunes fille or notre cible c’est la couche féminine. Si ces gens-là ne viennent pas en grand nombre nous ne pouvons rien faire. Dans beaucoup d’écoles on vient trouver les salles quasiment vides. Alors on est obligé d’arrêter le projet parce qu’il ne faudrait pas qu’on vienne dans une école pour former 2 ou 4 personnes pendant 4heures ou plus cependant le formateur est payé par séance. Bref c’est la non-disponibilité de la cible et de certains responsables des écoles qui nous ont poussés d’arrêter.

Qu’en est-il de la disponibilité du formateur ?

Le monsieur est très disponible Armand Louis Bitep. Je profite de l’occasion pour lui dire merci pour son accompagnement parce que moi je ne savais vraiment pas que j’allais faire 20 séances de formation avec lui, compte tenu de ses occupations dans les universités. Il est tout temps disponible pour former les jeunes futurs responsables du pays.

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Une photo de famille avec le formateur, après une séance de formation

Cette première expérience vous a enseigné beaucoup de leçons, alors dites-nous quelles sont les mesures qui seront prises pour éviter les mêmes difficultés pour la seconde édition surtout au niveau des encadreurs? 

A chaque difficulté, on trouve toujours une nouvelle approche de solution. La solution que nous avons envisagée est, avant de partir vers les différents responsables des différentes écoles, nous passerons directement par les DPE et DCE. Par exemple le projet de l’année prochaine va s’étendre jusqu’à l’intérieur du pays (Kankan, Siguiri, Labé et autres), nous avons déjà appelé ces responsables pour rentrer en contact avec eux par rapport à l’organisation. Ces DPE vont communiquer avec les responsables des différentes écoles, là ça sera très facile notre implantation.

Parce que si la décision vient du haut, les autres ne pourront rien dire si ce n’est que l’acceptation étant donné que c’est une formation qui rentre dans la perfection des enfants.

Au sortir de cette formation,  quelles sont les retombés pour vous ou pour votre site femmetalent autrement qu’est-ce que vous avez gagné ?

Je l’ai dit dans beaucoup d’interviews. Nous n’avons pas de retombés comme argent, mais vraiment du côté mental, nous savons que les 1550 jeunes filles sont maintenant préparées pour affronter  la vie et elles savent désormais comment on doit se battre.

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Des jeunes filles en situation de formation

Nous aurons de retombés lorsque vont réussir ces filles dans 2 ans ou 3 ans plus tard. Elles diront toujours c’est femmetalent.com qui nous a formé en développement personnel, on a été orienté du coup nous avons pu comprendre qu’est-ce que nous devons faire dans la vie. C’est un peu notre contribution pour l’émancipation de cette couche mais côté financier on ne gagne rien car la formation, elle est gratuite.

Qu’est-ce que vous recommandez aux jeunes filles également aux encadreurs avant la prochaine édition ?

Je vais dire que les responsables doivent vraiment comprendre c’est quoi le développement personnel parce que s’ils ne connaissent pas, ils ne pourront vraiment pas s’impliquer dedans. En plus il faut qu’ils acceptent que les jeunes se forment au-delà des cours normaux. Car il y’a de ces formations dans la vie qui peuvent latéralement changer notre vie hormis les physique, Maths, Chimies et autres.

Il faut que les responsables comprennent cela, parce que dans certaines écoles lorsque nous partons, ils nous disent  »le développement personnel n’a rien à voir avec les programmes officiels ».Et les jeunes filles doivent vraiment prendre leur destin en main, parce que ce ne sont pas les hommes qui vont faire tout pour elles.

Votre entreprise en herbe femmetalent.com se porte comment ?

L’entreprise se porte très bien et c’est l’occasion pour moi de dire qu’avec ces séances de formation, nous avons maintenant beaucoup de personnes qui consultent notre site. Dès qu’on publie, on a plus de 1000 vues avec certains articles. Donc à travers cette formation l’entreprise s’est faite connue et c’est l’une des retombés.    

Votre mot de la fin ?

Pour mon mot de la fin, je dirai courage aux jeunes filles qui ont été bénéficiaires de notre formation et surtout qu’elles appliquent ce qu’elles ont reçu, parce que si elles n’appliquent  pas, elles vont se voir aux mêmes pieds que celles qui n’ont pas reçu la formation.

Interview réalisée par Moussa Keita pour investigatorguinee

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