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Médias- Justice: « Sale temps pour la presse privée Guinéenne »

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S’il y’a bel et bien une liberté dont les défaillances charroient des séquelles en démocratie, c’est parfaitement celle de la presse. Piédestal indispensable, voire fondamentale aux valeurs cardinales des principes démocratiques, la presse libre demeure inéluctable à l’ère des bouleversements idéologiques, politiques, financiers et sociaux.

En Guinée, 2019 et peut- être 2020 s’annoncent malaisées, escarpées pour les professionnels de l’information. En seulement 8 mois, plus d’une dizaine trottinent dans les commissariats, les directions de police judiciaire. Certains ont d’ailleurs été cueillit dans la rue sans aucune procédure légale, auditionnés, inculpés et jugés hélas.

En effet, les journalistes guinéens vivent un sale temps. Après l’ère des bastonnades et autres violences avec confiscation de matériels, le temps des interminables défilés entre la DPJ qui semble remplacer la Haute Autorité de la Communication, organe de régulation des médias et de protection des journalistes et le tribunal de Kaloum, qui s’est curieusement spécialisé dans le procès des journalistes, a sonné. Tour à tour, les puissants à quatre pattes sont jugés sur la loi organique relative à la cyber- sécurité en lieu et place de celle qui encadre le métier de journaliste depuis 2010.

Cette dernière dépénalise les délits commis par voie de presse. En tout cas, près d’une dizaine de professionnels trimbalés en justice y ont été soumis à la loi organique sur la cyber- sécurité qui, de l’avis des juristes est liberticides.

Comme exemple évocateur, « l’article 32 de cette loi stipule que Quiconque produit, diffuse ou met à la disposition d’autrui des données de nature à troubler l’ordre ou la sécurité informatique, se rend coupable de délit et sera puni d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 20 millions à 300 millions de francs guinéens« .

En lieu et place du cadre législatif existant, c’est-à-dire la loi organique L002, c’est celle sur la cybercriminalité qui sert de poursuite des journalistes. Mohamed Bangoura du site mosaïqueguinee, Aboubakr Diallo de la radio Lynx FM, et le vieux briscard- précurseur de la presse indépendante Souleymane Diallo, ancien compagnon du président Alpha Condé seront jugés, selon leurs avocats sur la base de cette loi organique.

D’ailleurs, ces avocats  récusent la procédure. Et ils ne sont pas les seuls, les professionnels des médias crient à une tentative de musellement de la liberté de la presse en Guinée, alors que le débat politique reste empoisonné par un éventuel référendum. Ces journalistes réunis en association menacent de reprendre les rues pour exiger, selon eux la procédure légale. C’est-à-dire, l’application de la loi qui régis les médias et encadre les journalistes guinéens et la profession.

Dans une déclaration rendue publique mardi 20 Août 2019, l’URTELGUI a dénoncé des manœuvres du pouvoir pour faire taire des journalistes et de bâillonner la liberté de la presse. En tout cas, les hommes de médias semblent désormais croiser le fer pour défendre leurs droits et de respecter au pied de la lettre le contrat qui les lie à la société guinéenne.

Cette nouvelle ligne de front est- elle favorable pour la démocratie en Guinée? Rien n’est moins sûr. En tout cas les regards de la communauté internationale, des organisations de défense des libertés fondamentales et des modèles de démocratie de la sous- région ont les regards rivés sur la Guinée.

N’Faly Guilavogui Journaliste- éditorialiste à Evasion Guinée. 

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