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Moussa CAMARA, journaliste-enseignant : « Le devoir du peuple est son combat de toujours, le combat de toujours pour un peuple est sa lutte pour sa sûreté »

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Soucieux d’être un homme de voix, d’être un homme de valeur MAIS ma grand-mère Afrique et ma mère Guinée sont exsangues de voix et je souffre de l’aphonie.

Désireux de devenir un citoyen respecté qui voyage dans le monde entier sous les regards respectueux MAIS chez moi la faiblesse est une culture florissante dans les champs de médiocrité.

Décidé de dire non à l’injustice française en Afrique, à l’invasion chinoise, dépravatrice de mon continent, à l’indifférence du monde entier par rapport aux exactions Israéliennes en Palestine, MAIS je suis d’Afrique et je ne cultive même pas le riz que je dois consommer malgré des hectares de terres arables dans ma Guinée natale.

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Souvent je me demande où sont partis les idéaux de cette Afrique indépendante MAIS point de réponse car chez moi la misère est une philosophie et une vertu.

Je me reproche parfois de prendre le temps d’écouter ces nombreux discours de politiques et de politiciens MAIS ma fibre de bon fils des terres noires m’y oblige et jusqu’à présent je ne vois venir les arrivages heureux annoncés par ces gens de loin.

Désireux de transformer mes richesses sur place en produits de consommation, oui, bâtir un MADE IN GUINEA, mais nos maigres fonds ne sont utiles qu’aux campagnes, aux fastes obscurs et aux inutiles rencontres de spécialistes qui échangent des papérasses contre notre dernier.

Où est L’Afrique qui gagne, avec ses morts qui maudissent ses vivants ?

Où sont les nations africaines, avec ses communautés qui refusent d’admettre la cohabitation pour rester à la merci de la stagnation ?

Où sont nos bauxites, nos diamants, nos Ors, nos bois, nos eaux, avec cette pauvreté qui tue plus que la peste en Europe du XIVe siècle.

Nous sommes humiliés, rabaissés, escamotée de face par les médias du monde entier avec nos images de derniers élèves du progrès, et nos élites font mine d’exister.

Où sont nos élites ? Où est notre  intelligentsia ?

Regardez autour nous et nous verrons que nous sommes entrain de trahir la confiance de Dieu qui nous a confié, il y a longtemps, l’un des plus bénis des endroits du monde. Vos poubelles débordantes, vos fosses pestilentes, vos nombreuses fêtes de misère, vos débats inutiles à l’antenne, vos militantismes aveuglés ne sont que des preuves qui témoignent que nos pays traînent dangereusement.

J’aimerais rêver de partir dans un vaisseau sur la lune comme un jeune états-unien MAIS chez moi il n’y a toujours pas Institutions des projets d’avenir car ma constitution est toujours menacée. Ainsi point de projet !

J’aimerais voir chaque régime politique dans mon pays avec de nouveaux acquis ajoutés à d’autres préexistants MAIS chez moi chaque régime marque le commencement de notre pays. Pour nos leaders de providence, la patrie n’a rien fait car ils ont été absents. Quel cauchemar !

J’aimerais étudier bien ce que j’aime bien MAIS mon pays ne peut pas faire une année scolaire intégrale. Quelle tragédie !

J’aimerais applaudir pour un homme ou une femme en qui je verrais l’image de ma nation battante MAIS mes yeux ne se posent que sur ceux qui incarnent ma défaite. Mes mains sont dégourdis, hélas!

J’aimerais croire à un mythe national qui éclairera ma Fierté nationale comme le rêve américain chez l’oncle Sam, comme le bolchévisme en Russie, comme le fameux discours en fuite de DE Gaulle en France MAIS chez moi tout le monde veut régler son compte avec notre histoire. Je pleure mon passé !

J’aimerais entendre ceux qui savent mieux MAIS chez moi silence vaut mieux que parole, car ce sont ceux qui savent peu qui parlent beaucoup, et ceux qui savent beaucoup parlent peu en faisant se taire des évidences. Calvaire !

Afrique combien de fois tu succomberas?

Ma Guinée combien de fois tu souffriras ?

Le devoir du peuple est son combat de toujours.

Le combat de toujours pour un peuple est sa lutte pour sa sûreté. Africains et Guinéens, nos terres continueront à lever le cri de la douleur avec le rythme du désespoir jusqu’aux heures pendant lesquelles nous divorcerons de l’obscurantisme chronique.

Ce divorce ne peut être acquis avec l’état actuel des choses. Nous devons nous battre contre les germes de notre souffrance. Des germes ancrés dans nos cœurs, dans nos esprits, dans nos croyances, dans nos quotidiens, dans nos intérêts et nos indifférences, dans nos institutions, ainsi que tout et tout ce qui se révèle à nous et par nous.

Moussa Camara

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